[Critique] Foxcatcher

Critique-Foxcatcher-Steve-CarellQue donne ce Foxcatcher ?

Réalisateur : Bennett Miller
Acteurs : Steve Carell, Channing Tatum, Mark Ruffalo
Distribution : Mars Distribution
Durée : 2h14
Genre : Drame , Sport event , Biopic
Date de sortie : 21 janvier 2015

Synopsis : Inspiré d’une histoire vraie, Foxcatcher raconte l’histoire tragique et fascinante de la relation improbable entre un milliardaire excentrique et deux champions de lutte.

Lorsque le médaillé d’or olympique Mark Schultz est invité par le riche héritier John du Pont à emménager dans sa magnifique propriété familiale pour aider à mettre en place un camp d’entraînement haut de gamme, dans l’optique des JO de Séoul de 1988, Schultz saute sur l’occasion : il espère pouvoir concentrer toute son attention sur son entraînement et ne plus souffrir d’être constamment éclipsé par son frère, Dave. Obnubilé par d’obscurs besoins, du Pont entend bien profiter de son soutien à Schultz et de son opportunité de « coacher » des lutteurs de réputation mondiale pour obtenir – enfin – le respect de ses pairs et, surtout, de sa mère qui le juge très durement.

Flatté d’être l’objet de tant d’attentions de la part de du Pont, et ébloui par l’opulence de son monde, Mark voit chez son bienfaiteur un père de substitution, dont il recherche constamment l’approbation. S’il se montre d’abord encourageant, du Pont, profondément cyclothymique, change d’attitude et pousse Mark à adopter des habitudes malsaines qui risquent de nuire à son entraînement. Le comportement excentrique du milliardaire et son goût pour la manipulation ne tardent pas à entamer la confiance en soi du sportif, déjà fragile. Entretemps, du Pont s’intéresse de plus en plus à Dave, qui dégage une assurance dont manquent lui et Mark, et il est bien conscient qu’il s’agit d’une qualité que même sa fortune ne saurait acheter.

Entre la paranoïa croissante de du Pont et son éloignement des deux frères, les trois hommes semblent se précipiter vers une fin tragique que personne n’aurait pu prévoir…

Mon avis

Grosse attente de 2015, Foxcatcher ne répondra finalement pas tout à fait à ce titre.

Le film de Bennett Miller possède pourtant des points forts, son atout majeur étant sans conteste un Steve Carell méconnaissable qui se glisse parfaitement dans le peau du John du Pont, de la famille du Pont, la famille la plus riche des États-Unis. L’acteur s’efface pour devenir quelqu’un d’autre, un brin perturbant. L’homme fait froid dans le dos dès qu’il apparait à l’écran, un sentiment qui reste tout le long du film. Il dérange mais en même temps  il fascine par son désir de contrôle, d’être en haut de l’affiche alors qu’il joue au Président dans sa maison (beaucoup d’images qui font références au Président des États-Unis d’ailleurs) et dans l’univers de la lutte qu’il entend bien dominer à sa façon. L’argent c’est lui qui l’a, c’est donc à lui d’être la star, l’homme sans qui le succès de son équipe ne serait pas possible. C’est un grand enfant au porte-feuille bien rempli, on ne lui refuse pas ses caprices mais son attitude reste glaçante en toute circonstance. Il ne pique pas de crise en criant sur tout le monde, il reste d’un calme impérial, il n’exprime pas grand chose et c’est inquiétant.

Malgré ce côté froid indéniable, celui qui veut attraper le renard (« Foxcatcher ») réserve des passages très drôles quand il essaye de rentrer dans le monde de la lutte et prouver qu’il a toute sa légitimité en tant que capitaine, devant des vrais gros bras comme Channing Tatum.
En parlant de Tatum, l’acteur change ici de registre pour un film plus sérieux et il ne s’en sort pas mal du tout. Il a su s’enfermer dans la peau de ce jeune homme qui ne vit que pour la lutte. Un mal-être dans la société que l’acteur arrive à faire ressentir.
À ses côtés, Mark Ruffalo tente de lui donner le soutien que tout grand frère apporte mais à sa façon puisque la lutte est ce qui rapproche les deux hommes. L’acteur est plutôt bon mais il a offert de meilleures prestations, ce qui est dommage ici car c’est son personnage, père de famille, qui devrait apporter un lien affectif, à son frère et à John du Pont.

Malheureusement Foxcatcher manque cruellement d’émotion. Il est difficile de s’attacher aux personnages et de compatir à leur vie. La froideur de John du Pont est contagieuse.
En revanche, on ne contestera pas le Prix de la mise en scène obtenu au Festival de Cannes 2014. Une parfaite maitrise, des plans soignés et avec un beau jeu de lumière.

Au final, Foxcatcher déçoit par son manque d’émotion, on ne peut pas s’impliquer, il manque un petit quelque chose pour en faire le film qu’on attendait. Mais le jeu de Steve Carell est tellement bon qu’il hante encore quelques temps, rien que d’y repenser. À tel point qu’on peut se demander s’il n’aurait pas mieux valu faire tout un film, un biopic, sur ce personnage dérangeant qu’était John du Pont.

Ma note : 3,5/5

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