[Critique] Iron Man 3

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Découvrez la critique du film.

Réalisateur : Shane Black
Acteurs :  Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Don Cheadle, Guy Pearce
Distribution : The Walt Disney Company France
Durée : 2h10
Genre : Action, Science-fiction
Date de sortie : 24 Avril 2013

Synopsis : Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?

Mon avis :

Avec The Avengers, les studios Marvel avaient réussi leur audacieux pari avec brio. Après avoir promis la naissance d’un univers cinématique ouvert dès la fin du premier Iron Man en 2008, The Avengers venait rabattre le caquet de mon cynisme quasi-pathologique en concluant cette promesse de la meilleure manière possible. Succès public, succès critique, fans de la première heure ravis, quelques indécis convertis, records en terme de box-office brisés à la chaîne, studios concurrents qui emboîtent le pas dans la même perspective de créer un univers cinématographique ouvert… En un seul film, Marvel Studio m’avait injecté une bonne dose d’optimisme et m’avait redonné foi en leur entreprise, qui de prime abord se présentait à mes yeux comme étant foutrement casse-gueule. Mais une fois cet objectif principal atteint, quid de la suite ? Oui, ils ont prouvé que la notion d’univers ouvert marche à merveille. Oui, leur « crossover ultime » fût un franc succès. Mais pouvaient-ils encore fournir quelque chose d’un tant soit peu intéressant avec des films stand-alone, ne se focalisant que sur un seul héros ? Je n’aime pas ménager le suspense alors je vous le dis de tout de suite : la réponse est oui.

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Iron Man 3 est donc le premier film post-Avengers qui inaugure la Phase 2 des productions Marvel Studio. Et en toute logique, nous retrouvons donc Tony Stark, le génie, milliardaire, (ex-)playboy, et philanthrope — et accessoirement égérie du studio —  dans un nouveau film, vendu à juste titre comme étant un techno-thriller dans la veine des romans de Tom Clancy. Complots, machinations politiques et terrorisme ont beau être le lot de ce nouveau volet, le personnage de Stark, qui colle à la peau de son interprète, ne se retrouve pas délaissé pour autant. Au contraire, nous avons là un film purement centré sur le personnage de Tony Stark, et voilà où réside la grande force de cet Iron Man 3. Le charisme relativement cabotin de Robert Downey Jr. opère toujours, mais ce sont les considérations psychologiques de son personnage qui ici sont mises au premier plan.

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Toujours constant dans l’idée de proposer un univers ouvert, le film nous montre les répercussions des évènements de The Avengers sur Tony Stark, qui n’est pas sorti indemne de son petit séjour dans l’espace. Là où les éléments de l’univers partagé venaient parasiter l’intrigue d’Iron Man 2, servant principalement de vitrine visant à annoncer l’arrivée imminente de The Avengers, ils sont ici inhérents au récit et servent pleinement l’histoire d’Iron Man 3. Ces éléments, relativement discrets comparé aux « placements de produits » du 2, permettent d’enrichir le contexte diégétique du film et nourrissent le personnage de Stark.

Ne perdant donc pas le personnage de Tony Stark de sa ligne de mire, l’intrigue principale que nous propose le film (au demeurant correct et efficace, mais qui ne révolutionne pas le genre) implique de près certains démons de son passé, alors qu’il essaye de maintenir sa relation avec Pepper Potts (Gwyneth Paltrow, encore et toujours). La question existentielle répétée ad nauseam pendant toute la promotion du film (à savoir « est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ? ») , est bel et bien un des éléments au centre de ce film. On n’a donc pas l’impression de voir une suite, qui ne serait qu’une suite, pour le plaisir d’avoir suite, parce qu’il faut avoir une suite. Iron Man 3 suit le cheminement logique du personnage de Tony Stark, depuis son retour de captivité qui a fait naître son alter ego de fer dans le premier film. D’ailleurs, lorsque le film se termine, il y a comme un arrière goût de fin de trilogie. Même si la porte reste bien évidemment ouverte à d’autres volets, on a quand même la très nette impression que la boucle est bouclée.

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L’autre énorme atout d’Iron Man 3 est Shane Black. Le réalisateur, qui renoue sa collaboration avec RDJ après l’excellentissime Kiss Kiss Bang Bang, est la deuxième star de ce film. Son humour et son style d’écriture (vu qu’il co-signe le scénario avec Drew Pearce) sont parfaitement compatibles avec l’univers d’Iron Man, et cela frappe comme une évidence. Il insuffle à la franchise un vent de fraîcheur nécessaire après un deuxième volet mou et décevant. Il parvient même à transformer un cliché Spielbergien au combien éculé et souvent assommant de niaiserie, en quelque chose de drôle et de tendrement cynique. L’humour est omniprésent, les dialogues sont savoureux… Black s’en donne vraiment à cœur joie. Il jouit d’une incroyable liberté sans pour autant frôler le gros hors sujet avec les premiers films de Jon Favrau (toujours de la partie dans le rôle de Happy Hogan, et en tant que producteur exécutif). C’est aussi ce degré de liberté qui risque fort de dérouter les puristes à certains moments clés de l’intrigue, que je ne révèlerais pas ici car le film réserve quelques surprises.

Mais au final, ces choix qui en dérangeront plus d’un restent logiques d’un point de vue contextuel, et s’avèrent être même parfois assez malins. Tout cela traduit surtout de l’immense confiance de Marvel en son réalisateur, chose qui surprend agréablement (même si on avait déjà pu constater la même chose avec The Avengers). Le film ose certains choix et les assume pleinement. Et ceux qui pensaient que les films Marvel allaient se « Disneyfier » devront ravaler leurs paroles. Ici on ne rechigne pas à montrer des morts, des amputés et des mutilés de guerre, à relever l’ambiguïté des américains et leur rapport avec le terrorisme, les sous-entendus sexuels sont explicites et on parle même ouvertement d’addiction à la drogue. Sans perdre de son humour et de sa légèreté, Iron Man 3 pourrait bien être le film le plus « mature » des studios Marvel. Un peu à l’image des frasques télévisuelles du Mandarin qui ne manquent pas d’intensité. D’ailleurs Ben Kingsley est tout juste remarquable, dans toute sa duplicité.

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Pionner du cinéma d’action des 80’s, Black est un virtuose en ce qui concerne la mise en scène de séquences d’action. L’attaque de la vila de Tony Stark est juste époustouflante, et dans l’ensemble, jamais Iron Man (au même titre que Tony Stark sans son armure) n’a été aussi badass. Les chorégraphies et le montage des combats ne manquent pas d’inventivité et de panache. Dynamiques, sans aucune confusion dans les mouvements, et ne manquant pas de bonnes idées quant à utilisation de l’espace, Black nous offre une pléiade de morceaux de bravoures qui vous laisseront échapper plus d’un « Wow » ! Et la malédiction des climax mollasson des stand-alone de Marvel Studio est rompue. Si on peut tout de même regretter le fait que l’utilisation des multiples armures de Stark ne soit que trop ponctuelle et souvent relayée au second plan, le reste est amplement satisfaisant et n’a pas à pâlir de honte face au climax de The Avengers (toutes proportions gardées, bien entendu).

Iron Man 3 est donc un excellent film d’action qui présage du bon pour le futur de la Phase 2 de Marvel. Le studio voulait prouver qu’il avait encore des choses intéressantes à proposer avec ses personnages en solo, en dehors des réunions Avengers, et c’est chose faite. Un cocktail détonnant d’humour et d’action, porté par un Robert Downey Jr au top de sa forme, épaulé et dirigé par un Shane Black qui nous signe là un blockbuster comme on aimerait en voir plus souvent.

Ma note : 4/5

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