[Critique] La Chute de la Maison Blanche

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Notre PopGuest Joanthan vous parle du nouveau film d’Antoine Fuqua.


Titre original : Olympus Has Fallen
Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman, Ashley Judd, Angela Bassett, Dylan McDermott
Distribution : SND
Durée : 1h59
Genre :  Thriller, Action
Date de sortie : 20 Mars 2013

Synopsis : Mike Banning, ancien garde du corps du président des États-Unis, s’occupe désormais des basses besognes des services secrets. Lorsqu’un commando nord-coréen lance une attaque sur la Maison Blanche, prenant en otage le président américain et son fils, il se retrouve seul à pouvoir leur venir en aide. Deux ans après avoir été tenu responsable de la mort accidentelle de la Première Dame, il va pouvoir faire preuve de sa loyauté et de sa bravoure.

Critique par Jonathan

Au final, le vrai ennemi de la Maison Blanche, c’est Hollywood…

A Hollywood, le grand jeu du moment entre les gros studios pour pimenter l’esprit de concurrence, c’est de tirer dans les pattes du voisin en lui piquant purement et simplement ses idées, bonnes ou mauvaises.

Oui, c’est tellement dingue à imaginer que s’en est logiquement vrai, un concept digne d’une cours de récréation qui a déjà pointé le bout de son nez l’an dernier, avec la production de deux métrages sur le même mythe, celui de Blanche-Neige avec un film éponyme signé Tarsem Singh (avec Julia Roberts, Arnie Hammer et Lily Collins) et Blanche-Neige et le Chasseur de Rupert Sanders, avec Chris Hemsworth, Charlize Theron et Kristen Stewart.

Résultat, le premier qui est sortit quelques semaines auparavant, s’est littéralement planté au box-office tandis que le second avait su tirer son épingle du jeu (sans pour autant être un immense succès), placé habilement dans la grilles des sorties en pôle position des blockbusters estivaux.

Même si les recettes ne furent pas éclatantes, cela n’a donc pas empêcher Millenium Film et Sony de remettre le couvert dans l’arène cette année avec deux films aux pitchs hautement similaires, Olympus Has Fallen et White House Down, vendus comme des savants (toutes proportions gardées) mélanges entre Air Force One, Die Hard et la série culte 24.

Sans trop grosses différences, ils content tous deux la prise de la Maison Blanche par des ennemis du Président, lui-même en grand danger et pris en otage dans sa propre maison, et qui devra in fine compté sur les talents du super-soldat par excellence pour voir sa peau sauver, vu que Superman est visiblement occupé ailleurs.

Une belle dose de pur « God Bless America la puissante », pile poil quelques semaines après l’officialisation de la seconde investiture de Barack Obama, inutile de dire que ce n’est pas du tout un hasard.

Sur le papier, Olympus ou La Chute de la Maison Blanche en français, partait dès le départ perdant comparé à son concurrent direct mené par le cinéaste Roland Emmerich, qui connaît bien la maison pour l’avoir fait exploser avec jubilation, dans son culte Independance Day, qui fleurait déjà bon la glorification ronflante du patriotisme ricain.

Si côté cast il n’avait rien à lui envier, c’est côté scénario par contre que la comparaison fait très mal, car sans même juger du travail du duo Katrin Benedikt et Creighton Rothenberger, il est bon de rappeler que Sony a dut sérieusement bagarrer pour s’arracher le script de James Vanderbilt, annoncé comme incroyable, et qui leur a coûté la petite bagatelle de 3 millions de dollars.

Et après vision le constat est simple, le boulot cornaqué par les deux scénaristes ne vaut pas 3 millions de dollars et si le film contient en lui pas mal de défauts, il incarne tout de même un divertissement hautement sympathique, pouvant simplement se consommer comme une bonne série B aux douces saveurs nostalgiques des eighties, genre de nouveau populaire depuis le succès du premier Expendables en 2010.

Sans surprise ça ne vole donc pas haut niveau originalité, c’est très premier degré, ça pioche dans l’actualité pour trouver un ennemi crédible, ici la Corée du Nord (comme dans le remake attendu de Red Dawn), ça aligne autant les incohérences et les grosses ficelles scénaristiques que les scènes d’actions bourrins, les rebondissements que la prévisibilité du package global, et le tout est minutieusement préparé sous un enrobage patriotique certes bien plus digeste qu’à l’accoutumée.

Pas de renouveau du genre donc mais ça a tout de même le mérite d’être bien foutu et d’en jeter un max quand il faut (superbe première partie), Antoine Fuqua fait le job comme on dit, et si il n’est pas autant inspiré que pour ses excellents Training Day et The Shooter, il rend aisément le tout aussi spectaculaire, tendu, rythmé et divertissant que possible, et ce grâce à un budget on ne peut plus large, qui lui a permit de remplir comme il le faut son cahier des charges.

Si on ne fait pas appel cette fois aux vieilles gloires des années 80, c’est pour laisser libre court au muscles saillants d’un Gérard Butler charismatique et badass à souhait, qui sait ce qu’il a à faire dans une telle production et qui le fait bien, vraiment convainquant en super soldat sauveur que rien n’arrête.

Derrière lui Morgan Freeman en impose tout autant qu’Aaron Eckhart en président peut-être un peu trop parfait (comme celui qu’incarnait Bill Pullman dans… Independance Day !), qui se retrouve pris en otage dans sa propre maison, bunker fortifié mais plus du tout infranchissable.

Bref pour faire simple, le métrage n’est pas l’action movie du siècle mais vraiment un pur plaisir coupable sans prise de tête pour spectateur peu regardant et amateur de péloches qui fait tout, mais alors tout, péter face caméra.

Cependant petit bémol de fan à fan, j’admets qu’il est possible d’un chouïa regretter que le film n’assume pas plus pleinement son statut de revival du cinéma musclé d’antan.

Il est vrai une petite touche d’humour et un moins puissant renfort d’effets numériques (parfois vraiment trop flagrant) lui aurait franchement rendu service.

Pas meilleur que les récents Le Dernier Rempart et Du Plomb dans la Tête, mais clairement bien plus réussi que la dernière escapade russe de John McClane et de son rejeton, La Chute de la Maison Blanche est un bon petit en-cas avant l’été des blockbusters qui approche à grand pas.

Une efficace petite péloche sans grandes prétentions, qui attise sans nul doute encore plus l’impatience que l’on peut avoir de voir ce que donnera White House Down

Ma note : 2,5/5

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