[Critique] La Vénus à la fourrure

Critique-La-Venus-a-la-fourrureDécouvrez ma critique du film.


Titre original : Venus in Fur
Réalisateur : Roman Polanski
Acteurs : Emmanuelle Seigner, Mathieu Amalric
Distribution : Mars Distribution
Durée : 1h30
Genre : Drame, Érotique
Date de sortie : 13 Novembre 2013

Synopsis : Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Non seulement elle s’est procuré des accessoires et des costumes, mais elle comprend parfaitement le personnage (dont elle porte par ailleurs le prénom) et connaît toutes les répliques par cœur. Alors que l’« audition » se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…

 

Mon avis

Après son Carnage, adaptation d’une pièce de théâtre filmée dans un appartement avec 4 protagonistes, Roman Polanski est de retour dans ce concept de huis clos et cette fois transpose vraiment son histoire dans un théâtre avec La Vénus à la Fourrure.

L’action démarre avec travelling qui nous fait entrer dans le théâtre où se trouve le personnage de Thomas qui fait passer des auditions à des jeunes femmes qui ne trouvent pas grâce à ses yeux pour incarner sa Vanda. Alors qu’il fait part de sa déception au téléphone, surgit derrière lui une femme trempée. Langage familier, adepte du « non mais genre », tenue en cuir et collier de chien, à première vue elle ne colle pas et Thomas va refuser de l’auditionner. Ça sera sans compter la détermination de la jeune femme qui va prouver son engagement.

Pendant 1h30 on assiste à une joute verbal, fascinante, où Vanda (La Vénus à la fourrure) va laisser bouge bée Thomas et le spectateur. Après avoir eu droit à pluie de vulgarité de sa part, c’est la révélation lorsqu’elle se plonge dans son personnage. On est captivés pendant qu’on assiste avec plaisir à cette manipulation, cette tension que procure juste ces mots, l’attitude sensuelle d’Emmanuelle Seigner. Alors qu’on est épris, Vanda joue avec Thomas et avec le spectateur lorsqu’elle quitte son récit et retrouve la vulgarité de son langage.

Les mots ont un sens, la situation aussi avec cette relation entre la jeune femme et l’homme plus âgé. Le parallèle entre l’histoire personnelle du réalisateur et de son actrice, qui est aussi sa femme à la ville, est assez dur de ne pas faire. Du coup est-ce Polanski ne nous raconte pas son histoire ? Mathieu Almaric ne rentre t-il pas dans la peau de celui qui le dirige ? Est-ce qu’il ne s’agit juste d’une simple récitation de la pièce de David Ives ?

Au final, La Vénus à la fourrure est d’une habilité incroyable, un jeu entre les personnages et avec les spectateurs. On rit, on apprécie la fluidité de l’échange entre les deux acteurs qui sont très bons. On aimerait que cela dure encore et encore. On ressort conquis.

Ma note : 4/5

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