[Critique] Mandela : un long chemin vers la liberté

Critique-Mandela-un-long-chemin-vers-la-liberteRetour sur Mandela : un long chemin vers la liberté, le véritable biopic sur Madiba.


Titre original : Mandela : Long Walk to Freedom
Réalisateur : Justin Chadwick
Acteurs : Idris Elba, Naomi Harris
Distribution : Pathé Distribution
Durée : 2h19
Genre : Biopic, Drame
Date de sortie : 18 décembre 2013

Synopsis : Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC.
Son arrestation le sépare de Winnie, l’amour de sa vie qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC.
À travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Il sera le premier Président de la République d’Afrique du Sud élu démocratiquement.

Mon avis

Longtemps Nelson Mandela a fasciné le cinéma et a eu droit à plusieurs films relatant rapidement son histoire, ou plutôt une période bien précise de sa vie.
Aucun vrai biopic n’avait donc été consacré à cette grande figure symbole de tout un peuple, et de l’Histoire. Jusqu’à aujourd’hui.

Prenant appui sur l’autobiographie Mandela : un long chemin vers la liberté, Justin Chadwick offre au spectateur le récit le plus fidèle et le plus fort, sans réelle fausse note et arrive en 2h20 à peindre l’enfance et surtout le rite du passage au monde adulte, le combat et le consécration de cet avocat, devenu le leader contre l’Apartheid.

Mise en scène très appliquée, les plans sont époustouflants, avec des couleurs sublimes et une musique aussi magistrale que l’homme.
La réalisation est très soignée, elle ne cherche pas à révolutionner le genre et joue la carte de la sécurité, de la valeur sûre.

Côté histoire, la carte de l’émotion est sortie à plusieurs reprises mais comment pourrait-il en être autrement ? Comment rester de marbre face à ces tragiques événements, où la police blanche tire sans état d’âme sur la foule noire tuant des enfants. La nature humaine est critiquée, ces hommes blancs, avides de pouvoir, peureux et prêts à tout pour garder sa domination dans un pays où les noirs sont plus nombreux.

Face à cette injustice, un homme se lève et devient le porte-parole de toute une nation. Nelson Mandela.
Déjà avocat il luttait contre les petits problèmes que rencontraient les noirs, une scène montre l’absurdité des blancs face à cet avocat noir qui ose s’adresser à eux. Puis il faudra un événement déclencheur pour que la marche, pacifique, commence.
Son nom de clan est repris par tous, Madiba devient le symbole de la lutte contre l’Apartheid et c’est au détriment de sa vie personnelle, qu’il combattra sans relâche l’injustice. Il donnera sa vie à tout un peuple, un sacrifice qui ne sera pas compris par sa première femme.

Ce qui est appréciable dans ce biopic c’est qu’il présente Winnie Mandela, la seconde femme de Mandela.
Engagée, elle comprendra et appuiera son mari dans sa lutte, même si au départ le poids d’être « la femme de  » sera assez dur à porter. Elle a payé pour les actes de Mandela mais jamais elle ne baissera les bras et elle s’engagera finalement très durement dans la lutte, au regret de son mari.

Côté casting, la première chose qui fâche c’est de voir le choix de l’acteur pour incarner Nelson Mandela.
Le charismatique Idris Elba se glisse dans la peau de l’homme à merveille mais cependant c’est un choix assez « risqué » de prendre un acteur noir sachant de Mandela est métisse. Ce qui a été privilégié c’est l’interprétation, au lieu de la ressemblance. Certes Idris Elba s’en sort remarquablement mais c’est un détail assez perturbant.
Sachant notamment que les Africains d’Afrique du Sud sont métissés et non noirs.

La belle surprise de ce casting c’est époustouflante Naomi Harris qui se donne complétement dans me rôle de Winnie Mandela. Cette révolutionnaire qui prônera la violence contre les blancs, alors que Mandela lui demande de rester sans arme.
Elle donne vie à cette femme, la montrant d’abord jeune femme amoureuse et idéaliste, avant de subir d’atroces humiliations suite à son emprisonnement pendant une année. A la suite de quoi, elle deviendra aussi un symbole et s’engagera dans la voix de la violence.

Au final, Mandela : un long chemin vers la liberté est sans aucun doute le seul et unique biopic à faire sur Nelson Mandela. La plus belle oeuvre, jamais un biopic n’aura été aussi puissant et bouleversant que celui-là.
Travaillé, maitrisé sur tous les points, et appliqué, il rend hommage à cet homme qui s’est levé pour tout un peuple et le monde.

Ma note : 5/5

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