[Critique] Syngué Sabour – Pierre de patience

Critique-Syngue-Sabour-pierre-de-patienceDécouvrez ma critique de l’adaptation du prix Goncourt.


Film réalisé par Atiq Rahimi, avec au casting  Golshifteh Farahani et Hamidreza Javdan.

Sortie le 20 Février.

Synopsis : Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l’autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l’amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes… Jusqu’à ses secrets inavouables. L’homme gisant devient alors, malgré lui, sa « syngué sabour », sa pierre de patience – cette pierre magique que l’on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances… Jusqu’à ce qu’elle éclate !

Mon avis

Syngué Sabour, la pierre de patience vient de la mythologie perse. C’est une pierre que l’on dit magique à qui l’on peut raconter ses plus profonds secrets, ce qui ne peut se dire aux autres. Dès qu’elle explose, la personne qui s’est confiée à elle se retrouve libérée du poids de ses confessions.

C’est cette croyance que nous conte Atiq Rahimi, avec son Syngué Sabour – Pierre de patience, et il lève le voile sur une société où l’homme est maître et la femme doit s’effacer et ne pas exister.

A travers l’histoire d’une femme qui va donc se confier à son mari dans le coma, on découvre sa condition, et en même temps celle des autres, qui avec cette tragédie va s’affirmer et s’émanciper, spirituellement et sexuellement, et devenir une vraie femme.

La réalisation est très belle, toute en douceur avec un jeu des couleurs et de la lumière. Tout est simple et permet d’être d’apprécier toute la poésie de l’histoire. Quelques longueurs mais tout se tient notamment grâce à un bon casting.

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On se laisse conquérir par le jeu de Golshifteh Farahani tout en justesse et sans fausse note. Une belle découverte qui donne envie de voir ses autres films, notamment A propos d’Elly. Une actrice à suivre de près et à voir ici dans le film d’Atiq Rahimi.

A son écoute, Hamidreza Javdan tient un rôle compliqué puisqu’il joue le mari dans le coma. On pourrait croire que cela est simple mais même immobile, il arrive à transmettre une certaine vulnérabilité.

Face à Golshifteh Farahani, on découvre le jeune Massi Mrowat dont la fraîcheur de son visage colle parfaitement à rôle de jeune homme maladroit qui va apprendre les gestes de la sensualité et nous toucher par sa fragilité, ce regard de petit garçon effrayé.

Les dernières minutes du film, le coeur se serre et on ne peut s’empêcher d’avoir une petite larme.

Syngué Sabour – Pierre de patience, beau, poétique, sensuel dans un pays de contrainte, où il faut se cacher, se taire. Un film, une histoire sur la libération de la femme.

Ma note : 3,5/5

 

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