[Critique] Thor : Le Monde des ténèbres

Critique Thor : Le Monde des ténèbres (note: 2,5/5 - via PopMovies)Découvrez la critique des nouvelles aventures de Thor : Le monde des ténèbres !


Titre original : Thor : The Dark World
Réalisateur : Alan Taylor
Acteurs : Chris Hemsworth, Natalie Portman, Tom Hiddleston
Distribution : The Walt Disney Company France
Durée : 1h52
Genre : Action , Fantastique
Date de sortie : 30 octobre 2013

Synopsis : Thor : Le Monde des ténèbres nous entraîne dans les nouvelles aventures de Thor, le puissant Avenger, qui lutte pour sauver la Terre et les neuf mondes d’un mystérieux ennemi qui convoite l’univers tout entier… Après les films Marvel Thor et Avengers, Thor se bat pour restaurer l’ordre dans le cosmos, mais une ancienne race, sous la conduite du terrible Malekith, un être assoiffé de vengeance, revient pour répandre les ténèbres. Confronté à un ennemi que même Odin et Asgard ne peuvent contrer, Thor doit s’engager dans son aventure la plus dangereuse et la plus personnelle, au cours de laquelle il va devoir s’allier au traître Loki pour sauver non seulement son peuple et ceux qui lui sont chers, mais aussi l’univers lui-même.


Mon avis:

Le bal annuel des grosses adaptations super-héroïques arrive enfin à son terme, et sa clôture se fait assez tardive en cette année 2013. Et pour cause, comme il était paradoxal de commencer la saison estivale avec Iron Man 3 et son setting diégétique en pleine période de Noël, c’est en toute logique que Marvel Studio décide de sortir Thor : Le Monde des ténèbres, un pur summer movie à Halloween. Trêve de sarcasme, car il faut bien avouer que ce petit break prolongé entre les deux super-productions du studio est loin d’être une mauvaise chose en soi, bien au contraire. Une fois le précédent film bien digéré, on souffle l’espace d’un moment avant de reprendre le flow de cette Phase 2 post-Avengers, plutôt que de tout enchaîner le temps d’un été et risquer de plonger le public dans une forme de Thor-peur. Et le deuxième chapitre de cette phase est accessoirement le deuxième chapitre des aventures solos du Dieu du Tonnerre, le dénommé Thor (tout est dans le titre).

Kenneth Branagh, le réalisateur du premier film, étant parti en emportant avec lui ses angles tordus, c’est sur Alan Taylor que Marvel Studios a jeté son dévolu pour remplacer le féru de Shakespeare aux manettes des nouvelles aventures du blondinet au marteau. En haut de son CV, en gras et surligné trois fois,  trône son implication dans la production de l’excellente série Game of Thrones, qui fait depuis quelques temps les beaux jours de la chaîne HBO (qui n’a certes pas attendu cette série pour jouir d’une certaine notoriété). Un choix qui de prime abord intrigue et crédibilise cette suite à nos yeux, tant on sait que l’univers dans lequel évolue notre prince Asgardien favori peut être mis en valeur dans les mains d’un des producteurs/réalisateurs de la meilleure série d’héroïc-fantasy. Et à cet égard,  Thor : Le Monde des ténèbres est une réussite. Le rendu d’Asgard dans ce second volet, n’a tout bonnement rien à voir avec celui du premier film. Taylor réussi à créer un univers à la fois vaste et tangible, renforçant l’immersion dans ces contrées Asgardiennes, notamment lors d’une excellente séquence d’action qui prend à bon escient tout l’espace qui lui est donné et s’en sert amplement comme aire de jeu. D’ailleurs, le petit mélange SF et héroïc-fantasy n’était pas pour me déplaire, et me semblait plutôt judicieux vu comment Marvel Studio a construit son univers (oui les puristes vont crier à l’hérésie, mais qu’importe… Ils crient toujours de toute façon). Même si l’exploration en soi n’est pas vraiment poussée, la notion de world building est réussie.

Cependant cette notion de world building s’arrête aux frontières d’Asgard. En ce qui concerne le reste des 9 royaumes, et plus spécialement Svartalfheim (monde des Elfes noirs et le fameux Dark World du titre) c’est le minimum syndical. Les scènes sur Terre sont confinées à deux trois quartiers Londoniens qui vont devenir le théâtre de moments comiques un peu forcés, et d’un climax au combien mou qui manque cruellement de momentum. Les scènes sur Terre étaient déjà le gros point négatif du premier film, mais elles avaient au moins un intérêt (sur papier) à savoir qu’elles servaient « l’évolution » du personnage. Ici, elles ne servent qu’à amener le climax à coup de scènes d’expositions, qui le plus souvent s’imbriquent maladroitement avec ce qu’il se passe à l’autre bout de la galaxie. De ce fait,  Thor : Le Monde des ténèbres pêche par un manque d’équilibre dans sa structure narrative, et pour un film de moins de deux heures, le temps se fait parfois étrangement long. Il arrive que l’on se Thor-tille  d’impatience sur son siège, en attendant que le film passe enfin la seconde et fasse avancer son récit. Récit qui n’est d’ailleurs pas le point fort du film.

Les enjeux ne sont tout simplement pas là. Les motivations de Malekith, le grand méchant de service, sont faibles et n’ont pas vraiment de résonance. Apparemment l’existence même de l’univers est menacée… Il paraît… Bon… Même si la performance de Christopher Ecclestone est plutôt bonne, le personnage ne reste pas moins inintéressant. Et il en va de même pour une grande majorité des personnages du film, avec Thor en première ligne. Hemsworth fait son travail comme il faut, mais on peine à saisir quel est l’intérêt de cette aventure pour son personnage. Quel est véritablement son arc dans ce film? La réponse à cette question était claire pour Tony Stark dans Iron Man 3, mais ce n’est pas le cas concernant les aventures post-Avengers du fils d’Odin. Sa relation avec Jane Foster (Natalie Portman) n’est toujours pas convaincante, et reste encore une fois un des éléments centraux du film. De plus, Loki lui vole une nouvelle fois la vedette, et Tom Hiddleston illumine l’écran de sa présence. Un vrai régal, malgré l’aspect prévisible des évènements le concernant.

Thor : Le Monde des ténèbres ne regorge pas vraiment de surprises (si ce n’est un cameo à se Thor-dre de rire), mais c’est son aspect particulièrement impersonnel qui déçoit surtout après The Avengers et Iron Man 3. Pour que vous saisissiez mieux la nuance : The Avengers était un film de Joss Whedon, Iron Man 3 était un film de Shane Black, et  Thor : Le Monde des ténèbres est un film de Marvel. Whedon et Black avaient judicieusement réussi à allier la notion de film de commande en prenant en compte les exigences du studio, en n’oubliant pas de livrer un film qui suintait leur personnalité par tous les pores. Cela s’explique sans doute par le fait qu’ils se sont tous deux pleinement investis dans l’écriture de leur film respectif, mais de ce fait on sent vraiment la différence avec ce nouveau volet des aventures de Thor, qui perd grandement en personnalité. En dehors d’un soin porté à l’image, et à quelques séquences réalisées avec un soin qui surprend pour une production Marvel Studio, le film manque cruellement de ton, de voix, d’une personnalité distincte.

Thor : Le Monde des ténèbres est un film qui s’assoie sur ses ambitions, et qui s’avère malheureusement trop timide (ou trop fainéant) pour pleinement atteindre son potentiel. Un résultat un peu tiède, pas vraiment abouti et déséquilibré, en deçà des attentes générées par les promesses que nous vendait un tel projet après deux précédentes productions mieux réussis. Ne reste qu’un divertissement sympathique, soigné et parfois efficace (il faut l’admettre) qui, si on se décide à tempérer nos attentes, est quand même loin d’être une véritable Thor-ture.

Ma note: 2,5/5

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