[Critique] Wolverine : le combat de l’immortel

Critique-Wolverine-le-combat-de-limmortelDécouvrez ma critique du film.


Titre original : The Wolverine
Réalisateur : James Mangold
Acteurs : Hugh Jackman, Tao Okamoto, Rila Fukushima
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 2h11
Genre : Action , Fantastique
Date de sortie : 24 Juillet 2013

Synopsis : Wolverine, le personnage le plus emblématique de l’univers des X-Men, est entraîné dans une aventure ultime au cœur du Japon contemporain. Plongé dans un monde qu’il ne connaît pas, il doit faire face au seul ennemi de son envergure, dans une bataille à la vie à la mort. Vulnérable pour la première fois et poussé au bout de ses limites physiques et émotionnelles, Wolverine affrontera non seulement l’acier mortel du samouraï mais aussi les questions liées à sa propre immortalité.

Mon avis

nécessaire, adj. et subst. : Dont l’existence, la présence, l’usage, l’action sont requis (pour atteindre une fin, répondre à une situation, à un besoin) ; dont on ne peut se passer ou se dispenser.

La question de savoir si The Wolverine (où Wolverine : Le Combat de l’Immortel si vous préférez les titres français à rallonge) était un film nécessaire ne manque pas de pertinence. Certes cette question est tout aussi pertinente si on décide de se pencher sur 85% du catalogue de films que nous fourni chaque année Hollywood, je vous l’accorde. Néanmoins, Wolverine au cinéma est un cas à part. Figure emblématique et populaire d’un groupe de super-héros parias, Wolverine a le plus souvent tiré la couverture sur sa petite personne dans les trois premiers films de la saga avant de se garantir son petit spin-off à lui tout seul. De plus, The Wolverine marque la sixième incarnation du mutant griffu et hirsute pour l’acteur australien Hugh Jackman, qui est déjà en passe de remettre une septième couche l’année prochaine dans X-Men : Days of Future Past (je trépigne d’impatience de voir la version française du titre). Donc accessoirement, nous avons affaire à sa deuxième aventure solo. Pour 20th Century Fox, The Wolverine est un film bien « nécessaire » dans le sens où sa mission première est de redorer le blason du personnage terni par l’indéfendable sous-étron que fût X-Men Origins : Wolverine (indéfendable j’ai dit) et ainsi faire disparaître ce dit « film » de la mémoire collective. Et pour cause, The Wolverine renie son prédécesseur et n’en fait aucunement référence. Mais est-ce que dans son ensemble le film réussi pleinement cette mission ?

Si le film ne souhaite pas se rattacher à la première escapade solo de Wolverine, il se place néanmoins dans la même continuité que X-Men 3 (le film que X-Men : First Class avait judicieusement renié… Oui c’est le bordel niveau continuité chez les X-Men), et c’est perturbé par le fait d’avoir mis fin aux souffrance de Jean Grey (et les miennes en tant que spectateur subissant cette bien triste interprétation du Phénix)  que nous retrouvons un Logan coupé du monde et presque retourné à l’état sauvage (presque). La grande réussite du film réside dans le traitement du personnage de Wolverine dans ce qu’il a de violent et bestial. Et c’est à mon sens la version la plus satisfaisante qu’il m’a été donné de voir à cet égard. Le film est assez surprenant dans son niveau de violence, surtout pour un film estampillé PG-13. Ne vous attendez pas toutefois à des effusions d’hémoglobine par hectolitres sous-prétexte que l’intrigue du film se déroule ici principalement au Japon. Mais cela n’empêche pas le film de proposer quelques moments assez brutaux, à la fois surprenants et satisfaisants.

Et pour mieux se démarquer de son prédécesseur, The Wolverine privilégie une approche plus intimiste et on se demande parfois s’il s’agit bien d’un blockbuster que nous sommes en train de voir. Le réalisateur James Mangold opte pour une réalisation plus soignée et des plans plus travaillés. La séquence d’introduction est d’ailleurs superbement mise en scène. Beaucoup de scènes sont tournées en japonais et ne sont même pas sous-titrées, et pour un gros film américain c’est assez surprenant. De ce fait, on se sent parfois aussi perdu que le personnage de Wolverine (c’est l’effet voulu). Un parti pris audacieux qui doit être souligné.

Même si le film n’est pas exempt de scènes d’actions, Mangold donne moins dans le spectaculaire. À l’heure où quasiment tous les blockbusters essayent de se surpasser à coup de destructions massives de villes entières, les ambitions de The Wolverine sont en comparaison relativement modestes. Le film propose quelques scènes d’actions sympathiques, mais aucune ne brille par son côté réellement wow-esque. Les combats au corps à corps, et autres duels impliquant toute forme de lames, sont en grande majorité très bien chorégraphiés et plaisants à regarder. Mais la grosse séquence d’action sur le toit d’un train nippon roulant à plus de 500 km/h ne marque pas (elle est surtout mal amenée et se conclu assez maladroitement).

Malgré cette volonté de ne pas donner dans le blockbuster bourrin, The Wolverine est tiré vers le bas par une intrigue alambiquée et malheureusement trop bancale. Complots industriels, magouilles politiques, droits de successions, retournements de situations à la pelle… Le tout amenant à un climax bien pauvre et d’une déception sans nom. Les enjeux dramatiques ne sont juste pas là, et l’utilisation de l’espace lors des affrontements aurait pu être mieux mis à profit.

Au cœur de cette intrigue, une antagoniste très décevante avec des motivations bien obscures en la personne de Viper, interprétée par une Svetlan Khodchenkova qui semble baser le gros de sa performance à une imitation du jeu d’Uma Turman dans Batman et Robin. Elle surjoue son rôle de méchante, prononce chacune de ses phrases par un ton qui signifie « coucou, je suis la méchante », tue un bon nombre de personne de manière complètement aléatoire et répétitive juste parce que… C’est la méchante. Ajoutez à cela sa participation à un combat final complètement raté avec quelques mouvements ridicules (dont une technique d’esquive aussi furtive que risible). En plus d’être une complète réécriture de sa version comics, le personnage ne convainc pas outre mesure. Tout comme la nouvelle romance de Wolverine qui nous prend une bonne partie du film, et qui est sensé être un élément central du récit.

En conclusion, Wolverine : le combat de l’immortel ne manque pas d’idées et d’ambitions, mais le résultat est inégal. On est certes à des années lumières de X-Men Origins: Wolverine, et ce qui nous est présenté aujourd’hui est largement plus sophistiqué et plus intéressant cinématographiquement parlant, mais le film ne passionne pas, n’intrigue pas, et se regarde sans grand intérêt pour les enjeux établis. Le seul moment du film qui fait réellement son effet: la scène post-générique qui annonce un autre film. Et vu comme ça… C’est un peu triste.

Ma note: 2,5/5

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