[Critique] Deadpool (note: 3/5)Ryan Reynolds avait hâte d’enfiler le costume de Deadpool. Et nous ?

Réalisateur : Tim Miller
Acteurs : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 1h49
Genre : Action, Aventure, Comédie
Date de sortie : 10 février 2016

Synopsis : Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.

Mon avis

Le genre du super-héros a connu une consécration dans ces dernières années. On ne compte plus les adaptations tirées des comics, mettant en scène des héros qui mettent leurs pouvoirs surhumains au service de la planète et de ses habitants.

Mais QUE NENNI pour Wade Wilson, alias Deadpool, qui n’a qu’une idée en tête : retrouver l’homme responsable de son visage défiguré afin qu’il lui fasse un ravalement de façade. Et  quoi de mieux pour mettre en scène l’humour décalé de Deadpool que celui qui a orchestré le film Scott Pilgrim ?

Ici, pas d’intelligence et de retenue contrôlée du Dr.Banner, pas d’élégance à la Bruce Wayne, pas de Capitaine de la vieille école, très loin de la prestance d’un Dieu du tonnerre et de la démesure luxueuse de Tony Stark. Deadpool, c’est le Casanova des super-héros, une grosse touche de goujaterie en plus. (Restons polis)

Enfin un sauveur sans manière et sans règle, qui casse les codes des super-héros dont nous avions été habitués récemment. On dit oui à son impertinence, voire à sa totale vulgarité : certaines blagues ont été retirées du film, jugées soit trop violentes, soit trop sales. Et quand on voit celles qui sont restées, on n’ose imaginer jusqu’où les auteurs ont dû aller…

A noter tout de même que tous les gags ne fonctionnent pas tout le temps. Cependant, certaines vannes sont tellement extraordinaires qu’elles rattrapent cette toute petite inégalité, et facilement. Un humour trash, des dialogues qui piquent… de ce côté-là, toutes les attentes sont remplies.

De plus, à la différence de ses semblables, Deadpool est très loin d’être sain d’esprit. En cause, son insertion au programme Weapon X, chargée de le guérir de son cancer du cerveau. Une opération qui ne fut pas un franc succès et qui lui laissera de grosses séquelles.

Est-ce une des raisons de sa lucidité exacerbée ? Une « conscience » que son auteur a installé dès sa création en dessin : il est le seul personnage de l’univers Marvel capable d’être conscient qu’il appartient à une bande-dessinée. Le fantasme de l’abolition du 4ème mur  (un mur fictif qui, au cinéma, sépare les acteurs et leur histoire, des spectateurs) était donc attendu. Et en effet, uniquement pour cette simple raison, le film vaut la peine d’être visionné.

Avec certaines références, le film arrive même à 1) créer 2) abattre un petit 5ème mur, qui va au-delà de la simple prise de conscience d’un public : le monde des super-héros et de leurs franchises au cinéma.

Les scènes de combat nous offrent de très bons moments d’actions bien ficelés avec bien entendu, des ralentis (les ralentis fonctionnent TOUJOURS) et des morceaux de musique de Junkie XL (de son vrai nom Tom Holkenborg) qui avait également signé la BO enragée de Mad Max : Fury Road.

** Ryan Reynolds** est parfait en mercenaire complètement fou à lier, la psychopathie étant un sujet qu’il maitrise depuis The Voices et qui atteint ici des sommets.

On a tous une partie de nous étrange et déjantée qui rêve de péter une durite sans culpabiliser. Deadpool, c’est le mec qui fait les vannes qu’on n’osera jamais faire, qui botte méchamment des fesses qu’on ne pourra jamais botter… le sentiment de déresponsabilisation pendant que Deadpool fait et dit les pires horreurs est irrésistible. En somme, Wade Wilson est un peu notre animal spirituel intérieur à tous. (Il porte des crocs, aime les pancakes et le groupe Wham ! Que dire de plus ?)

Le seul point commun qu’il garde avec ses semblables : paradoxalement, dans son manque de manière, un style indéfinissable et inégalable.

Je me suis tellement délectée du personnage atypique de Deadpool que j’en ai oublié de vivre l’histoire. Du moins, c’est ce que j’ai pensé quand le générique de fin a été lancé, sans que j’ai pour autant pu me rendre compte de l’avancée d’une intrigue. Peut-être, ai-je pensé, est-ce ce retour au format classique, au format « court » de moins de deux heures. Avec les sorties actuelles, nous n’avons plus l’habitude de parcourir des distances si courtes. Finalement, lors du visionnage on s’interroge sur le commencement de l’intrigue, avant de réaliser… qu’il n’y a pas d’intrigue.

Deadpool est une succession de gags et de scènes de combats qui ne se mettent au service d’aucun vrai scénario. Tim Miller a choisi de miser sur le mythe avec sa première interprétation au cinéma, en cherchant à lui donner vie, plus qu’à créer un film linéaire avec une vraie storyline. Vraiment dommage, quand on pense à ce que cela aurait pu donner.

Au final, on regarde tout de même Deadpool par procuration et on le laisse disjoncter à notre place, confortablement assis dans nos fauteuils. Longue vie à Wade Wilson !

Ma n[Critique] Deadpool (note: 3/5)eadpool-300x229.jpg)](/critique-deadpool/critique-deadpool-2/)Ryan Reynolds avait hâte d’enfiler le costume de Deadpool. Et nous ?

Réalisateur : Tim Miller
Acteurs : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 1h49
Genre : Action, Aventure, Comédie
Date de sortie : 10 février 2016

Synopsis : Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.

Mon avis

Le genre du super-héros a connu une consécration dans ces dernières années. On ne compte plus les adaptations tirées des comics, mettant en scène des héros qui mettent leurs pouvoirs surhumains au service de la planète et de ses habitants.

Mais QUE NENNI pour Wade Wilson, alias Deadpool, qui n’a qu’une idée en tête : retrouver l’homme responsable de son visage défiguré afin qu’il lui fasse un ravalement de façade. Et  quoi de mieux pour mettre en scène l’humour décalé de Deadpool que celui qui a orchestré le film Scott Pilgrim ?

Ici, pas d’intelligence et de retenue contrôlée du Dr.Banner, pas d’élégance à la Bruce Wayne, pas de Capitaine de la vieille école, très loin de la prestance d’un Dieu du tonnerre et de la démesure luxueuse de Tony Stark. Deadpool, c’est le Casanova des super-héros, une grosse touche de goujaterie en plus. (Restons polis)

Enfin un sauveur sans manière et sans règle, qui casse les codes des super-héros dont nous avions été habitués récemment. On dit oui à son impertinence, voire à sa totale vulgarité : certaines blagues ont été retirées du film, jugées soit trop violentes, soit trop sales. Et quand on voit celles qui sont restées, on n’ose imaginer jusqu’où les auteurs ont dû aller…

A noter tout de même que tous les gags ne fonctionnent pas tout le temps. Cependant, certaines vannes sont tellement extraordinaires qu’elles rattrapent cette toute petite inégalité, et facilement. Un humour trash, des dialogues qui piquent… de ce côté-là, toutes les attentes sont remplies.

De plus, à la différence de ses semblables, Deadpool est très loin d’être sain d’esprit. En cause, son insertion au programme Weapon X, chargée de le guérir de son cancer du cerveau. Une opération qui ne fut pas un franc succès et qui lui laissera de grosses séquelles.

Est-ce une des raisons de sa lucidité exacerbée ? Une « conscience » que son auteur a installé dès sa création en dessin : il est le seul personnage de l’univers Marvel capable d’être conscient qu’il appartient à une bande-dessinée. Le fantasme de l’abolition du 4ème mur  (un mur fictif qui, au cinéma, sépare les acteurs et leur histoire, des spectateurs) était donc attendu. Et en effet, uniquement pour cette simple raison, le film vaut la peine d’être visionné.

Avec certaines références, le film arrive même à 1) créer 2) abattre un petit 5ème mur, qui va au-delà de la simple prise de conscience d’un public : le monde des super-héros et de leurs franchises au cinéma.

Les scènes de combat nous offrent de très bons moments d’actions bien ficelés avec bien entendu, des ralentis (les ralentis fonctionnent TOUJOURS) et des morceaux de musique de Junkie XL (de son vrai nom Tom Holkenborg) qui avait également signé la BO enragée de Mad Max : Fury Road.

** Ryan Reynolds** est parfait en mercenaire complètement fou à lier, la psychopathie étant un sujet qu’il maitrise depuis The Voices et qui atteint ici des sommets.

On a tous une partie de nous étrange et déjantée qui rêve de péter une durite sans culpabiliser. Deadpool, c’est le mec qui fait les vannes qu’on n’osera jamais faire, qui botte méchamment des fesses qu’on ne pourra jamais botter… le sentiment de déresponsabilisation pendant que Deadpool fait et dit les pires horreurs est irrésistible. En somme, Wade Wilson est un peu notre animal spirituel intérieur à tous. (Il porte des crocs, aime les pancakes et le groupe Wham ! Que dire de plus ?)

Le seul point commun qu’il garde avec ses semblables : paradoxalement, dans son manque de manière, un style indéfinissable et inégalable.

Je me suis tellement délectée du personnage atypique de Deadpool que j’en ai oublié de vivre l’histoire. Du moins, c’est ce que j’ai pensé quand le générique de fin a été lancé, sans que j’ai pour autant pu me rendre compte de l’avancée d’une intrigue. Peut-être, ai-je pensé, est-ce ce retour au format classique, au format « court » de moins de deux heures. Avec les sorties actuelles, nous n’avons plus l’habitude de parcourir des distances si courtes. Finalement, lors du visionnage on s’interroge sur le commencement de l’intrigue, avant de réaliser… qu’il n’y a pas d’intrigue.

Deadpool est une succession de gags et de scènes de combats qui ne se mettent au service d’aucun vrai scénario. Tim Miller a choisi de miser sur le mythe avec sa première interprétation au cinéma, en cherchant à lui donner vie, plus qu’à créer un film linéaire avec une vraie storyline. Vraiment dommage, quand on pense à ce que cela aurait pu donner.

Au final, on regarde tout de même Deadpool par procuration et on le laisse disjoncter à notre place, confortablement assis dans nos fauteuils. Longue vie à Wade Wilson !

Ma note : 3/5