Critique-Evil-Dead

Découvrez la critique du film.

Réalisateur :  Fede Alvarez
Acteurs : Jane Levy, Shiloh Fernandez, Lou Taylor Pucci
Distribution :  Metropolitan FilmExport
Durée : 1h30
Genre :  Epouvante-horreur
Date de sortie : 1er Mai 2013

Synopsis:  Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois. Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux…

Mon avis :

Voilà des années que** Sam Raimi** laissait planer la possibilité d’une éventuelle suite à sa cultissime saga comico-horrifique Evil Dead, dont le premier volet fit sensation lors de sa sortie en 1981 (Stephen King en était d’ailleurs un ferveur supporter). Sans rien vraiment confirmer et se parant de déclarations volontairement vaseuses, Raimi avait tenu les nombreux fans de la franchise en haleine, impatients à l’idée de retrouver Bruce Campbell dans son rôle culte de Ash, nigaud de service et accessoirement héros badass malgré lui. Mais voilà qu’après des années d’innombrables spéculations, l’annonce d’un remake tombait comme un couperet sur les gorges encore nouées des fans de la première heure. L’anticipation ardente laissait donc place à la déception et la colère. Et pour cause : à quelques exceptions près, les termes « films d’horreur » et « remake » ne sont pas réputés pour faire bon ménage. Et concernant une série de films aussi singuliers et propres à leur créateur que ceux qui composent cette saga** Evil Dead**… Il y avait de quoi s’inquiéter. Mais l’heure n’est plus à l’apitoiement. Ce qui est fait est fait. Fort du buzz généré par son court métrage** Panic Attack**, le réalisateur uruguayen** Fede Alvarez** s’est vu courtisé par tout Hollywood avant que **Sam Raimi **ne lui cède les rênes de sa franchise. Le voici donc scénariste et réalisateur de cette mise à jour de la saga Evil Dead.

Evil Dead n’est peut-être pas LE précurseur du prémisse horrifique de la fameuse cabine dans les bois, mais il en est l’exemple le plus marquant auquel ce prémisse est le plus souvent associé. C’est ce même prémisse que reprend donc Alvarez dans son remake, et cela malgré les nombreux récents détournements et réécritures du « concept » (récemment le bien nommé La Cabine Dans Les Bois). Nous retrouvons cinq jeunes innocents couillons en passe de réveiller des forces du mal, et vous connaissez bien évidemment la suite. L’astuce ici réside dans la raison qui les pousse à se rendre dans cette cabane. Pas de promesses de débauche dans un cadre reclus et forestier, il est question ici du sevrage de Mia (Jane Levy) sacrément accro aux substances. Ce petit détail scénaristique s’avère plutôt judicieux et donne un contexte crédible et intéressant à ce prémisse. De ce fait, les premières apparitions maléfiques ne seront pas prises au sérieux pour cette même raison (délires de junkie). Et cela marche très bien et sert le récit de manière intéressante… Seulement dans les 15 première minutes. Le fait est qu’avec tout ce set-up, le film met beaucoup de temps à démarrer et les personnages qui nous sont présentés  sont loin d’être intéressants. C’est bien beau tout ça, ce souci du set-up mais il s’agit quand même d’un Evil Dead!

Et le film ne semble pas l’oublier dès qu’il se décide à enclencher la deuxième. Malgré une scène d’introduction plus que dispensable, Fede Alvarez nous offre une réalisation plutôt solide, avec quelques bonnes idées de mise-en-scène, mais rien de bien novateur à l’horizon. Nous sommes bien évidemment loin des plans et des mouvements de caméra complètement fous et innovants de Raimi (même si le tracking shot culte « caméra sur mobylette » est évidemment de la partie), mais Alavrez ne manque pas de compétence. L’image est soignée, et esthétiquement on est loin du « filtre caca » à la Saw. Mais la grande force du film réside dans le gore. La volonté de ne pas utiliser d’effets digitals fait la différence. Tout ici est fait « à la main » (il y a une blague quelque part dans cette phrase). C’est une démarche bien trop rare qu’il faut saluer, puisqu’elle porte ses fruits. Viscéral, réaliste et douloureux, le gore est l’attraction première de cet Evil Dead. Ne reste que des jump scares un peu ratés pour le reste de la terreur promise. La plupart des scènes font directement écho à l’original de Sam Raimi (parfois de manière un peu maladroite), mais dans l’ensemble le film parvient à trouver sa propre voix/voie, malgré le léger sentiment de déjà vu que l’on peut pas renier (et ce sentiment ne s’applique pas qu’aux précédents Evil Dead).

En revanche, le film souffre d’un rythme bien trop mou. La faute à ses personnages qu’on essaye de développer à travers d*’arcs* ou de backstory peu intéressants, qui viennent alourdir le film de character moments qui n’apportent strictement rien. Les acteurs sont extrêmement plats (sans être concrètement mauvais), et aucun ne ressort vraiment et surtout pas le personnage que le film souhaite ériger en tant que digne successeur de** Bruce Campbell**. Et hormis les dix dernières minutes hautement jouissives (tronçonneuse oblige), le film manque sacrément de folie et créativité dans les déchaînements horrifiques. On enchaîne machinalement les possessions à la chaîne, et toutes se ressemblent. Il n’y a que l’arme de choix qui varie selon les circonstances. Même si les effets gore sont très réussi, ils restent pour la plupart du temps trop banals. A l’image de la créature finale, teasée tout le long du film, dont l’apparition et l’apparence déçoivent énormément. La séquence qui la concerne est très bonne (et je le répète assez jouissive, surtout dans sa finalité), mais encore une fois la créature est symptomatique du film en lui même.

Au final, si vous venez pour le gore, vous allez être servi. Au delà de ça, le film ne propose pas grand chose de neuf, ni même d’intéressant malgré l’astuce du prémisse qui ne tient que 15 minutes. Un spectacle gore et trash un peu creux en somme, mais néanmoins un tantinet au-dessus des grosses productions gore de studio actuelles. Un film pour les soirées entre amis, mais qui ne risque pas de marquer les esprits au-delà.

Ma notCritique-Evil-Deadil-Dead-225x300.jpg)](/content/images/2013/04/Critique-Evil-Dead.jpg)

Découvrez la critique du film.

Réalisateur :  Fede Alvarez
Acteurs : Jane Levy, Shiloh Fernandez, Lou Taylor Pucci
Distribution :  Metropolitan FilmExport
Durée : 1h30
Genre :  Epouvante-horreur
Date de sortie : 1er Mai 2013

Synopsis:  Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois. Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux…

Mon avis :

Voilà des années que** Sam Raimi** laissait planer la possibilité d’une éventuelle suite à sa cultissime saga comico-horrifique Evil Dead, dont le premier volet fit sensation lors de sa sortie en 1981 (Stephen King en était d’ailleurs un ferveur supporter). Sans rien vraiment confirmer et se parant de déclarations volontairement vaseuses, Raimi avait tenu les nombreux fans de la franchise en haleine, impatients à l’idée de retrouver Bruce Campbell dans son rôle culte de Ash, nigaud de service et accessoirement héros badass malgré lui. Mais voilà qu’après des années d’innombrables spéculations, l’annonce d’un remake tombait comme un couperet sur les gorges encore nouées des fans de la première heure. L’anticipation ardente laissait donc place à la déception et la colère. Et pour cause : à quelques exceptions près, les termes « films d’horreur » et « remake » ne sont pas réputés pour faire bon ménage. Et concernant une série de films aussi singuliers et propres à leur créateur que ceux qui composent cette saga** Evil Dead**… Il y avait de quoi s’inquiéter. Mais l’heure n’est plus à l’apitoiement. Ce qui est fait est fait. Fort du buzz généré par son court métrage** Panic Attack**, le réalisateur uruguayen** Fede Alvarez** s’est vu courtisé par tout Hollywood avant que **Sam Raimi **ne lui cède les rênes de sa franchise. Le voici donc scénariste et réalisateur de cette mise à jour de la saga Evil Dead.

Evil Dead n’est peut-être pas LE précurseur du prémisse horrifique de la fameuse cabine dans les bois, mais il en est l’exemple le plus marquant auquel ce prémisse est le plus souvent associé. C’est ce même prémisse que reprend donc Alvarez dans son remake, et cela malgré les nombreux récents détournements et réécritures du « concept » (récemment le bien nommé La Cabine Dans Les Bois). Nous retrouvons cinq jeunes innocents couillons en passe de réveiller des forces du mal, et vous connaissez bien évidemment la suite. L’astuce ici réside dans la raison qui les pousse à se rendre dans cette cabane. Pas de promesses de débauche dans un cadre reclus et forestier, il est question ici du sevrage de Mia (Jane Levy) sacrément accro aux substances. Ce petit détail scénaristique s’avère plutôt judicieux et donne un contexte crédible et intéressant à ce prémisse. De ce fait, les premières apparitions maléfiques ne seront pas prises au sérieux pour cette même raison (délires de junkie). Et cela marche très bien et sert le récit de manière intéressante… Seulement dans les 15 première minutes. Le fait est qu’avec tout ce set-up, le film met beaucoup de temps à démarrer et les personnages qui nous sont présentés  sont loin d’être intéressants. C’est bien beau tout ça, ce souci du set-up mais il s’agit quand même d’un Evil Dead!

Et le film ne semble pas l’oublier dès qu’il se décide à enclencher la deuxième. Malgré une scène d’introduction plus que dispensable, Fede Alvarez nous offre une réalisation plutôt solide, avec quelques bonnes idées de mise-en-scène, mais rien de bien novateur à l’horizon. Nous sommes bien évidemment loin des plans et des mouvements de caméra complètement fous et innovants de Raimi (même si le tracking shot culte « caméra sur mobylette » est évidemment de la partie), mais Alavrez ne manque pas de compétence. L’image est soignée, et esthétiquement on est loin du « filtre caca » à la Saw. Mais la grande force du film réside dans le gore. La volonté de ne pas utiliser d’effets digitals fait la différence. Tout ici est fait « à la main » (il y a une blague quelque part dans cette phrase). C’est une démarche bien trop rare qu’il faut saluer, puisqu’elle porte ses fruits. Viscéral, réaliste et douloureux, le gore est l’attraction première de cet Evil Dead. Ne reste que des jump scares un peu ratés pour le reste de la terreur promise. La plupart des scènes font directement écho à l’original de Sam Raimi (parfois de manière un peu maladroite), mais dans l’ensemble le film parvient à trouver sa propre voix/voie, malgré le léger sentiment de déjà vu que l’on peut pas renier (et ce sentiment ne s’applique pas qu’aux précédents Evil Dead).

En revanche, le film souffre d’un rythme bien trop mou. La faute à ses personnages qu’on essaye de développer à travers d*’arcs* ou de backstory peu intéressants, qui viennent alourdir le film de character moments qui n’apportent strictement rien. Les acteurs sont extrêmement plats (sans être concrètement mauvais), et aucun ne ressort vraiment et surtout pas le personnage que le film souhaite ériger en tant que digne successeur de** Bruce Campbell**. Et hormis les dix dernières minutes hautement jouissives (tronçonneuse oblige), le film manque sacrément de folie et créativité dans les déchaînements horrifiques. On enchaîne machinalement les possessions à la chaîne, et toutes se ressemblent. Il n’y a que l’arme de choix qui varie selon les circonstances. Même si les effets gore sont très réussi, ils restent pour la plupart du temps trop banals. A l’image de la créature finale, teasée tout le long du film, dont l’apparition et l’apparence déçoivent énormément. La séquence qui la concerne est très bonne (et je le répète assez jouissive, surtout dans sa finalité), mais encore une fois la créature est symptomatique du film en lui même.

Au final, si vous venez pour le gore, vous allez être servi. Au delà de ça, le film ne propose pas grand chose de neuf, ni même d’intéressant malgré l’astuce du prémisse qui ne tient que 15 minutes. Un spectacle gore et trash un peu creux en somme, mais néanmoins un tantinet au-dessus des grosses productions gore de studio actuelles. Un film pour les soirées entre amis, mais qui ne risque pas de marquer les esprits au-delà.

Ma note: 2,5/5