[Critique] Legend (note: 2/5)La double dose de Tom Hary est-elle suffisante pour passer un bon moment avec Legend ? La réponse tout de suite.

Réalisateur : Brian Helgeland
Acteurs : Tom Hardy, Emily Browning, Paul Anderson, Christopher Eccleston
Distribution : StudioCanal France
Durée : 2h11
Genre : Biopic, policier
Date de sortie : 20 janvier 2016

Synopsis : Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…

Mon avis

Brian Helgeland signe ici un biopic tiré du livre de John Pearson : « Les Jumeaux de la violence, Londres dans la nuit », basé sur des faits réels et retraçant les péripéties d’une paire de jumeaux terribles : Reginald et Ronald Kray, dit aussi Reggie et Ronnie, gangsters ayant sévis dans les années 60

A noté dans l’œuvre d’Helgeland qu’il s’agit de sa qualité de scénariste qui lui a valu une filmographie foisonnante, notamment pour L.A. Confidential et Mystic River. Un scénario qu’on attend donc travaillé, d’autant plus qu’ils n’ont pas manqué d’indiquer cette information sur l’affiche même du film.

Le titre du film, à savoir « Légende » en français, nous rapproche de cette notion de mémoire collective, où des faits historiques réels sont transformés par l’imagination populaire pour en faire des mythes. Pourtant, je dois avouer que je n’avais pas connaissance de l’histoire des jumeaux Kray. C’est donc avec intérêt et curiosité que j’ai visionné le long-métrage.

Or, si quelque chose doit être qualifié de légendaire, accordons-le au jeu d’acteur de Tom Hardy, mais les hommes qu’il incarne, eux -dans ce film tout du moins – sont loin de l’être.

Alors oui, ce sont des gangsters à tendance sociopathe qui sont clairement dérangés. Mais quel gangster ne l’est pas ?

A regret, rien de surprenant ni dans les idées émises, ni dans la trame générale. Difficile, il est vrai, de changer une trame inspirée sur des faits réels, mais qu’attendait donc le réalisateur pour s’en accommoder et nous proposer un point de vue qui va au-delà de cet amoncellement de clichés qui lui était, à première vue, imposés ? Où sont les vrais partis pris ?

Les gangsters tuent, sont en colère, ont des gangs rivaux, veulent conquérir la ville. Un des jumeaux veut se ranger pour sa femme, se racheter, mais le goût de la violence et du pouvoir est trop ancré. La mère de la petite copine amoureuse est en colère et ne veut pas que sa fille fréquente un dealer de drogue dangereux associé à un frère assassin sociopathe. (Mais pourquoi donc ? Je vous le demande).

Et cette trame, enrobée des mots de la narratrice, Frances Shea, qui ouvrent et viennent clore le film. Des mots qui ne raisonnent pas vraiment, qui viennent enrober la neutralité de creux.

On notera la présence (et également le retour, disparue des tabloïds depuis quelques années) de la chanteuse Duffy, dont la voix correspond parfaitement à l’univers du film et à l’époque donnée. Les apparitions à l’écran sont attendues, mais décevantes. Bien sûr, Duffy est une voix qui subjugue, non une actrice, mais les passages chantés ne font qu’acte de présence de l’actrice, sans en apporter une vraie. Où est le charisme ?

Finalement, c’est cette question qui s’imprime en nous pendant le visionnage du film et continue d’y planer ensuite. Le film manque de charisme et d’identité.

Dans le même registre, où est également le charisme du personnage de Ronnie, le jumeau le plus difficile de la paire ? Là où on s’attend à se décomposer au moindre regard, où le moindre geste est supposé provoquer une tension chez le spectateur, rien de tout cela. Même lorsqu’il lève le ton et menace, en bon gangster qu’il est, il ne parvient pas à animer cette flamme jouissive, ce plaisir coupable qu’un spectateur a à découvrir une figure censée être légendaire de sadisme.

Malgré tout cela, une certaine séduction s’opère, relevant de l’atmosphère agréablement anglicisée et de la présence de Tom Hardy, qui malgré la légère déception du jumeau Ronnie, nous offre une double-dose de plaisir. Un double-jeu impressionnant et très bien effectué, d’autant plus quand on sait que par souci de budget et de délai, Hardy jouait un jumeau le matin et l’autre l’après-midi.

Les effets spéciaux sont particulièrement bien réalisés (à l’aide de la technique du « split screen », consistant à diviser puis réunir deux images en une seule), provoquant cette fluidité de lecture qui nous permet d’oublier qu’il s’agit d’un seul et même homme.

A noté tout de même un bon casting d’ensemble. Emily Browning est bien dans son rôle, un jeu sans vraie surprise mais dont la force de l’amour qu’elle porte à Reggie nous touche, créant certaines scènes d’émotions qui fonctionnent et nous émeuvent. On remarquera également une très bonne prestation de Taron Ergeton, récemment révélé par Kingsman : services secrets, en amant et compagnon d’embrouille de Ronnie.

Au final, on salue la bande originale qui reste très savoureuse (des morceaux signés Duffy qui nous rappellent sa voix unique de crooneuse éraillée), en adéquation avec cette esthétique londonienne. On salue également la bonne prestation des acteurs et en particulier le double-jeu de Tom Hardy qui nous offre un spectacle à lui tout seul.

Mais on retient surtout une neutralité qui ne nous informe pas sur la qualité « légendaire » du duo, des actes manqués et un manque de consistance.

Ma no[Critique] Legend (note: 2/5)-Legend-300x145.jpg)](/content/images/2016/01/Critique-Legend.jpg)La double dose de Tom Hary est-elle suffisante pour passer un bon moment avec Legend ? La réponse tout de suite.

Réalisateur : Brian Helgeland
Acteurs : Tom Hardy, Emily Browning, Paul Anderson, Christopher Eccleston
Distribution : StudioCanal France
Durée : 2h11
Genre : Biopic, policier
Date de sortie : 20 janvier 2016

Synopsis : Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…

Mon avis

Brian Helgeland signe ici un biopic tiré du livre de John Pearson : « Les Jumeaux de la violence, Londres dans la nuit », basé sur des faits réels et retraçant les péripéties d’une paire de jumeaux terribles : Reginald et Ronald Kray, dit aussi Reggie et Ronnie, gangsters ayant sévis dans les années 60

A noté dans l’œuvre d’Helgeland qu’il s’agit de sa qualité de scénariste qui lui a valu une filmographie foisonnante, notamment pour L.A. Confidential et Mystic River. Un scénario qu’on attend donc travaillé, d’autant plus qu’ils n’ont pas manqué d’indiquer cette information sur l’affiche même du film.

Le titre du film, à savoir « Légende » en français, nous rapproche de cette notion de mémoire collective, où des faits historiques réels sont transformés par l’imagination populaire pour en faire des mythes. Pourtant, je dois avouer que je n’avais pas connaissance de l’histoire des jumeaux Kray. C’est donc avec intérêt et curiosité que j’ai visionné le long-métrage.

Or, si quelque chose doit être qualifié de légendaire, accordons-le au jeu d’acteur de Tom Hardy, mais les hommes qu’il incarne, eux -dans ce film tout du moins – sont loin de l’être.

Alors oui, ce sont des gangsters à tendance sociopathe qui sont clairement dérangés. Mais quel gangster ne l’est pas ?

A regret, rien de surprenant ni dans les idées émises, ni dans la trame générale. Difficile, il est vrai, de changer une trame inspirée sur des faits réels, mais qu’attendait donc le réalisateur pour s’en accommoder et nous proposer un point de vue qui va au-delà de cet amoncellement de clichés qui lui était, à première vue, imposés ? Où sont les vrais partis pris ?

Les gangsters tuent, sont en colère, ont des gangs rivaux, veulent conquérir la ville. Un des jumeaux veut se ranger pour sa femme, se racheter, mais le goût de la violence et du pouvoir est trop ancré. La mère de la petite copine amoureuse est en colère et ne veut pas que sa fille fréquente un dealer de drogue dangereux associé à un frère assassin sociopathe. (Mais pourquoi donc ? Je vous le demande).

Et cette trame, enrobée des mots de la narratrice, Frances Shea, qui ouvrent et viennent clore le film. Des mots qui ne raisonnent pas vraiment, qui viennent enrober la neutralité de creux.

On notera la présence (et également le retour, disparue des tabloïds depuis quelques années) de la chanteuse Duffy, dont la voix correspond parfaitement à l’univers du film et à l’époque donnée. Les apparitions à l’écran sont attendues, mais décevantes. Bien sûr, Duffy est une voix qui subjugue, non une actrice, mais les passages chantés ne font qu’acte de présence de l’actrice, sans en apporter une vraie. Où est le charisme ?

Finalement, c’est cette question qui s’imprime en nous pendant le visionnage du film et continue d’y planer ensuite. Le film manque de charisme et d’identité.

Dans le même registre, où est également le charisme du personnage de Ronnie, le jumeau le plus difficile de la paire ? Là où on s’attend à se décomposer au moindre regard, où le moindre geste est supposé provoquer une tension chez le spectateur, rien de tout cela. Même lorsqu’il lève le ton et menace, en bon gangster qu’il est, il ne parvient pas à animer cette flamme jouissive, ce plaisir coupable qu’un spectateur a à découvrir une figure censée être légendaire de sadisme.

Malgré tout cela, une certaine séduction s’opère, relevant de l’atmosphère agréablement anglicisée et de la présence de Tom Hardy, qui malgré la légère déception du jumeau Ronnie, nous offre une double-dose de plaisir. Un double-jeu impressionnant et très bien effectué, d’autant plus quand on sait que par souci de budget et de délai, Hardy jouait un jumeau le matin et l’autre l’après-midi.

Les effets spéciaux sont particulièrement bien réalisés (à l’aide de la technique du « split screen », consistant à diviser puis réunir deux images en une seule), provoquant cette fluidité de lecture qui nous permet d’oublier qu’il s’agit d’un seul et même homme.

A noté tout de même un bon casting d’ensemble. Emily Browning est bien dans son rôle, un jeu sans vraie surprise mais dont la force de l’amour qu’elle porte à Reggie nous touche, créant certaines scènes d’émotions qui fonctionnent et nous émeuvent. On remarquera également une très bonne prestation de Taron Ergeton, récemment révélé par Kingsman : services secrets, en amant et compagnon d’embrouille de Ronnie.

Au final, on salue la bande originale qui reste très savoureuse (des morceaux signés Duffy qui nous rappellent sa voix unique de crooneuse éraillée), en adéquation avec cette esthétique londonienne. On salue également la bonne prestation des acteurs et en particulier le double-jeu de Tom Hardy qui nous offre un spectacle à lui tout seul.

Mais on retient surtout une neutralité qui ne nous informe pas sur la qualité « légendaire » du duo, des actes manqués et un manque de consistance.

Ma note : 2/5