Critique de Macbeth (note: 3,5/5)Michael Fassbender dans la peau de Macbeth, ça donne quoi ?

Réalisateur : Justin Kurzel
Acteurs: Marion Cotillard, Michael Fassbender, David Thewlis
Distribution: Studio Canal
Durée : 1h53
Genre : Drame
Date de sortie: 18 novembre 2015

Synopsis : 11ème siècle : Écosse. Macbeth, chef des armées, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour régner sur le trône, jusqu’à en perdre la raison.

Mon avis

L’adaptation shakespearienne de Justin Kurzel est à première vue un OFNI, un Objet Filmique Non Identifié, qui suscite une forte curiosité, et à raison.

Un casting éclectique et ambitieux, une identité visuelle étonnante, et au volant Justin Kurzel qui n’a pour l’instant que deux films à son actif, Les Crimes de Snowtown (2011) et Blue Tongue (2005), assez méconnus du grand public. Pour son troisième film, Kurzel s’essaye à l’exercice vertigineux de l’adaptation du théâtre à l’écran et pas de n’importe quelle pièce : un monument de William Shakespeare, Macbeth. Un bon moyen de braquer les projecteurs sur lui et de lever le rideau pour le début du spectacle.

Un spectacle très apprécié, on s’en souvient, au festival de Cannes, puisque son film lui a valu des nominations multiples (notamment en compétition officielle pour la Palme d’Or), ainsi qu’une standing ovation.

La singularité première de ce film est son identité visuelle stylisée, très présente. Les plans se succèdent, lents et sombres, fidèles au trait d’écriture de Shakespeare. Et tous aussi les beaux les uns que les autres. Chaque scène pourrait être une photographie (on saluera Adam Arkapaw, le directeur de la photographie), voire des tableaux, tant il y a une recherche dans la mise en scène et l’espace.

Il est évident qu’il y a eu une vraie volonté de la part de Justin Kurzel de reprendre les codes du théâtre, vu sa mise en scène, très méticuleuse : les personnages ne sont jamais placés au hasard, des ombres glissent au premier plan lors de la scène de bataille, comme des cartons qui seraient animés des coulisses, partie intégrante d’un décor. Les jours bleutés s’alternent avec les nuits orangées, comme si des spots de lumière cherchaient à accentuer les paysages.

Une immersion totale dans l’univers du dramaturge anglais, pour le plus grand plaisir du spectateur, d’autant plus que Kurzel réunit les problématiques de prédilections de l’auteur : les stratégies de guerre, les manipulations, une avidité de pouvoir telle, que les personnages basculent vers la folie.

La folie, Michael Fassbender la retransmet bien, mais ne parvient pas à laisser une empreinte qui marquera les esprits.** Fassbender** est un bon acteur, personne n’en n’a jamais douté, mais on se questionne sur sa valeur ajoutée dans ce Macbeth. Placez-y une figure masculine hollywoodienne et le travail sera fait, le résultat sera bon sans pour autant nous laisser une trace, que l’on pourrait qualifier de « caractéristique » du film. Si Macbeth est remplaçable, sa lady, interprétée par Marion Cotillard, ne l’est pas.
Son jeu interpelle et s’inscrit parfaitement dans l’univers du film. Il s’agit là d’une femme dépassée par son mari, comme un maitre l’est de son élève. Ses regards tristes nous accablent, ses gestes parfaitement placés font mouche, ses répliques sonnent juste, le tout dans une sobriété bienvenue, quand il s’agit de dramaturgie shakespearienne.

Malgré cela, si l’on peut penser que les vers poussés de Shakespeare pourraient être plus accessibles à l’écran qu’à la scène, il n’en est rien, malheureusement.
Nous pouvons nous interroger sur les choix de réadaptation des textes de Kurzel, qui a souhaité conserver les répliques de la pièce. Si son interprétation des vers se voulait plus sobre, le film possède malgré tout des longueurs qui nous empêchent une fluidité de lecture et nous détache du film. Une frustration, quand le spectateur pensait enfin accéder à toute la profondeur des superbes textes.

Au final, on fait le calcul… et on y va, pour le plaisir de découvrir quelque chose de différent, de belles images et un bon final malgré Michael Fassbender qui déçoit et des longueurs dans la narration. On admire les paysages anglais et écossais, on se laisse emporter par la musique prenante. Une longue standing ovation, non, mais des applaudissements, oui.

Ma noteCritique de Macbeth (note: 3,5/5)Macbeth-300x165.jpg)](/content/images/2015/11/Critique-Macbeth.jpg)Michael Fassbender dans la peau de Macbeth, ça donne quoi ?

Réalisateur : Justin Kurzel
Acteurs: Marion Cotillard, Michael Fassbender, David Thewlis
Distribution: Studio Canal
Durée : 1h53
Genre : Drame
Date de sortie: 18 novembre 2015

Synopsis : 11ème siècle : Écosse. Macbeth, chef des armées, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour régner sur le trône, jusqu’à en perdre la raison.

Mon avis

L’adaptation shakespearienne de Justin Kurzel est à première vue un OFNI, un Objet Filmique Non Identifié, qui suscite une forte curiosité, et à raison.

Un casting éclectique et ambitieux, une identité visuelle étonnante, et au volant Justin Kurzel qui n’a pour l’instant que deux films à son actif, Les Crimes de Snowtown (2011) et Blue Tongue (2005), assez méconnus du grand public. Pour son troisième film, Kurzel s’essaye à l’exercice vertigineux de l’adaptation du théâtre à l’écran et pas de n’importe quelle pièce : un monument de William Shakespeare, Macbeth. Un bon moyen de braquer les projecteurs sur lui et de lever le rideau pour le début du spectacle.

Un spectacle très apprécié, on s’en souvient, au festival de Cannes, puisque son film lui a valu des nominations multiples (notamment en compétition officielle pour la Palme d’Or), ainsi qu’une standing ovation.

La singularité première de ce film est son identité visuelle stylisée, très présente. Les plans se succèdent, lents et sombres, fidèles au trait d’écriture de Shakespeare. Et tous aussi les beaux les uns que les autres. Chaque scène pourrait être une photographie (on saluera Adam Arkapaw, le directeur de la photographie), voire des tableaux, tant il y a une recherche dans la mise en scène et l’espace.

Il est évident qu’il y a eu une vraie volonté de la part de Justin Kurzel de reprendre les codes du théâtre, vu sa mise en scène, très méticuleuse : les personnages ne sont jamais placés au hasard, des ombres glissent au premier plan lors de la scène de bataille, comme des cartons qui seraient animés des coulisses, partie intégrante d’un décor. Les jours bleutés s’alternent avec les nuits orangées, comme si des spots de lumière cherchaient à accentuer les paysages.

Une immersion totale dans l’univers du dramaturge anglais, pour le plus grand plaisir du spectateur, d’autant plus que Kurzel réunit les problématiques de prédilections de l’auteur : les stratégies de guerre, les manipulations, une avidité de pouvoir telle, que les personnages basculent vers la folie.

La folie, Michael Fassbender la retransmet bien, mais ne parvient pas à laisser une empreinte qui marquera les esprits.** Fassbender** est un bon acteur, personne n’en n’a jamais douté, mais on se questionne sur sa valeur ajoutée dans ce Macbeth. Placez-y une figure masculine hollywoodienne et le travail sera fait, le résultat sera bon sans pour autant nous laisser une trace, que l’on pourrait qualifier de « caractéristique » du film. Si Macbeth est remplaçable, sa lady, interprétée par Marion Cotillard, ne l’est pas.
Son jeu interpelle et s’inscrit parfaitement dans l’univers du film. Il s’agit là d’une femme dépassée par son mari, comme un maitre l’est de son élève. Ses regards tristes nous accablent, ses gestes parfaitement placés font mouche, ses répliques sonnent juste, le tout dans une sobriété bienvenue, quand il s’agit de dramaturgie shakespearienne.

Malgré cela, si l’on peut penser que les vers poussés de Shakespeare pourraient être plus accessibles à l’écran qu’à la scène, il n’en est rien, malheureusement.
Nous pouvons nous interroger sur les choix de réadaptation des textes de Kurzel, qui a souhaité conserver les répliques de la pièce. Si son interprétation des vers se voulait plus sobre, le film possède malgré tout des longueurs qui nous empêchent une fluidité de lecture et nous détache du film. Une frustration, quand le spectateur pensait enfin accéder à toute la profondeur des superbes textes.

Au final, on fait le calcul… et on y va, pour le plaisir de découvrir quelque chose de différent, de belles images et un bon final malgré Michael Fassbender qui déçoit et des longueurs dans la narration. On admire les paysages anglais et écossais, on se laisse emporter par la musique prenante. Une longue standing ovation, non, mais des applaudissements, oui.

Ma note : 3,5/5